Seul et dans la clarté lunaire, Zaryck se tenait accoudé à son balcon. Mélancolique, il tentait de se rappeler de son passé, avant qu'un Dragonnier l'eût trouvé ici, à Neverland, gisant inconscient et sans vie.
Mais rien, pas le moindre souvenir. Eveillé, seul le néant répondait à sa frustration. Il n'y avait que cet étrange rêve. Un terrible rêve, si clair et si flou à la fois.
Il voyait un visage éblouissant de beauté et de force. Ce visage était le visage d'une femme. Pas une ride, pas une impureté, pas une larme ne le souillait, pourtant douloureux. Cette femme était enchainée à un mur, mais restait droite et fière dans sa peine. Un rayon de soleil, filtrant au travers d'une ouverture barricadée avec de robustes planches de bois, éclairait son espoir.
Lorsqu'il dormait, et à ce moment du rêve, Zaryck savait qu'il tremblait. Ses muscles se contractaient, son corps était parcouru de spasmes de plus en plus violents, jusqu'à ce qu'il se tétanise complêtement, le laissant là, l'obligeant à rester dans sa transe, à revoir encore une fois ces images qui le faisaient tant souffrir. Son reveil était chaque fois brusque, indéniablement forcé. Il n'était en revanche possible qu'une fois la scène visionnée dans sa totalité.
La suite de ce rêve était bien plus terrible encore : la femme, toujours enchainée, tremblait elle aussi. Elle tremblait, de ces tremblements qui vous laissent impuissants, qui vous donnent envie de mourir pour qu'ils s'arrêtent... A ses tremblements s'ajoutaient ses cris. D'horribles cris de souffrance, qui ne cessent jamais.
Cette femme, Zaryck semblait l'avoir connue, mais il ne pouvait pas se souvenir qui elle était... Il semblait aussi l'avoir aimée, tant ce rêve le glaçait d'effroi. L'avoir aimée, mais pas de cet amour usuel corrompu par le désir de chair. Il a aimé cette femme d'un amour certain, de l'amour le plus pur et le plus puissant. A l'image de la femme, l'amour que Zaryck éprouvait pour elle était magnificient. C'était un amour liant ces deux êtres pour l'éternité, par delà la mort. La mort, Zaryck aurait été près à l'affronter pour la soustraire à son aimée. La mort, Zaryck ne la craignait pas. Sa seule crainte, il le savait, était que cette femme vienne, elle, à mourir, ou à le renier. Or, jamais, dans son rêve, elle ne mourait. Cela engendra tout d'abord une envie, puis une obssession chez Zaryck. Une terrible envie de mettre fin à son existence. Suivie d'une fatale obssession de partir à la recherche de cette femme, qu'il savait qu'il était de son devoir de protéger, de secourir, peu importent les risques.
C'est cette nuit-là, alors qu'il pensait, seul, qu'il fît le choix d'agir. Il allait partir en quête de retrouver de cette femme. Il savait qu'elle était en vie. Il le ressentait au plus profond de son être. Mais pour mener à bien sa mission, il aura besoin d'un compagnon...
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Je vous jure serment d'allégeance, et ce jusqu'à la mort.